Traitement de l'adénome
Embolisation de la prostate : le traitement mini-invasif de l'adénome
L'embolisation des artères prostatiques réduit le volume de la prostate en fermant les vaisseaux qui l'alimentent. Sans incision, sous anesthésie locale, en ambulatoire — et sans toucher à l'urètre ni au col de la vessie, ce qui explique son profil favorable sur la fonction sexuelle.
Qu'est-ce que l'embolisation de la prostate ?
Définition
L'embolisation des artères prostatiques (EAP), aussi appelée embolisation de la prostate ou embolisation prostatique, consiste à réduire le volume de la glande en obstruant sélectivement les artères qui l'alimentent. Elle est réalisée par un radiologue interventionnel, par voie artérielle, sans ouverture chirurgicale.
Le principe est simple : moins irriguée, la prostate diminue progressivement de volume. Dès lors, la compression qu'elle exerce sur l'urètre s'atténue et l'urine s'écoule à nouveau normalement. Autrement dit, l'embolisation prostate traite la cause mécanique des troubles urinaires sans retirer de tissu.
C'est ce qui la distingue fondamentalement des techniques endoscopiques et chirurgicales : celles-ci agissent depuis l'intérieur du canal urinaire, tandis que l'embolisation agit depuis les vaisseaux. Cette différence de voie d'abord explique la plupart de ses avantages — et quelques-unes de ses limites.
L'embolisation ne passe pas par l'urètre. C'est précisément pour cela qu'elle ne l'abîme pas.
Centre de la Prostate — ParisComment se déroule l'embolisation des artères prostatiques
L'intervention dure environ une heure. En pratique, elle se décompose en six temps.
- PréparationBilan biologique, échographie prostatique et angioscanner artériel. Cette cartographie préalable permet de repérer les artères prostatiques et d'anticiper les variations anatomiques avant même d'entrer en salle.
- Anesthésie localeUne simple anesthésie au pli de l'aine, ou au poignet dans certains cas. Vous restez éveillé et pouvez parler à l'équipe pendant toute la procédure.
- Accès artérielUn microcathéter est introduit par une ponction cutanée de quelques millimètres, puis guidé sous contrôle radiologique jusqu'aux artères prostatiques.
- Injection des agents d'embolisationDes microsphères sont injectées dans les artères ciblées. Elles obstruent sélectivement les vaisseaux qui alimentent l'adénome, sans toucher les territoires voisins.
- Contrôle en temps réelL'imagerie suit la distribution des particules en continu. Le cathéter est repositionné autant que nécessaire pour obtenir une embolisation complète et distale.
- Surveillance et sortieQuelques heures de surveillance, puis retour à domicile le soir même. Aucune sonde urinaire n'est posée pendant la procédure dans notre protocole.
Notons un point qui surprend souvent les patients : le geste est indolore. En effet, les artères ne sont pas innervées, et l'anesthésie locale ne concerne que le point de ponction.
Pourquoi l'embolisation préserve la fonction sexuelle
C'est la question qui revient le plus souvent en consultation, et elle mérite une réponse anatomique plutôt qu'une promesse commerciale.
Les troubles de l'éjaculation après traitement de l'adénome proviennent de la destruction du col vésical et de l'urètre prostatique. Or l'embolisation des artères prostatiques n'intervient à aucun moment sur ces structures : elle agit depuis les vaisseaux, à distance du canal urinaire. Par conséquent, le mécanisme qui provoque l'éjaculation rétrograde après résection n'est tout simplement pas en jeu.
En pratique, cela se traduit par un risque faible de trouble de l'éjaculation et par l'absence d'effet négatif documenté sur l'érection. À titre de comparaison, la résection transurétrale entraîne une éjaculation rétrograde dans environ 80 % des cas.
À savoir
Certains traitements médicamenteux de l'adénome — inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, alpha-bloquants — peuvent eux aussi retentir sur la libido, l'érection ou l'éjaculation. Ce n'est donc pas seulement une question de chirurgie.
Les suites de l'embolisation prostatique
Le patient sort le jour même. Ensuite, une gêne modérée est fréquente pendant 48 à 72 heures : pesanteur pelvienne, brûlures mictionnelles, envies plus fréquentes. Ces manifestations relèvent du syndrome post-embolisation et s'estompent spontanément.
La reprise des activités courantes intervient dès le lendemain. En revanche, l'amélioration des symptômes urinaires est progressive : elle s'installe au fil des semaines, à mesure que le volume prostatique diminue. C'est une différence importante avec la chirurgie, dont l'effet est plus immédiat.
- Débit urinaire — augmentation progressive à mesure que la pression sur l'urètre se relâche
- Symptômes obstructifs — moins d'efforts pour démarrer, jet plus soutenu, vidange plus complète
- Symptômes irritatifs — diminution des envies pressantes et des levers nocturnes
Votre traitement médical ne suffit plus ?
Envoyez votre dossier. Nous vous dirons si l'embolisation est adaptée à votre anatomie, et sinon, quelle technique l'est.
Notre approche technique
Des microsphères de 100 à 300 microns
Nos années d'expérience nous ont conduits à privilégier des particules plus petites que celles habituellement employées. Ce choix permet une embolisation plus distale, donc plus complète, des artères prostatiques. La littérature internationale a depuis confirmé cette orientation.
Une embolisation distale et complète
Première équipe à démontrer que la qualité de l'embolisation détermine le résultat clinique, nous avons établi un critère objectif de fin de procédure. Toutes les publications ultérieures confirment cette approche.
L'association colle et microsphères
Première équipe à démontrer une chute significative du risque de récidive après embolisation prostatique, à moins de 5 %, grâce à l'utilisation de la colle. Il s'agit toutefois d'une technique exigeante, qui demande une expérience importante : très peu d'équipes la pratiquent aujourd'hui en France.
Suivi interne sur les 100 premiers patients traités, article en cours de publication. Ces observations ne préjugent pas du résultat individuel.
Les autres traitements de l'adénome de la prostate
L'embolisation n'est pas la seule option, et elle ne convient pas à toutes les situations. Notre centre pratique les trois techniques mini-invasives et travaille avec des urologues interventionnels : le choix se fait donc sur des critères anatomiques, jamais sur la technique disponible.
Le traitement médicamenteux
Deux familles sont utilisées : les alpha-bloquants, qui relâchent le muscle prostatique, et les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, qui réduisent lentement le volume de la glande. Leur efficacité est réelle mais peut s'épuiser. Par ailleurs, ils exposent à des effets indésirables : baisse de la libido, troubles de l'érection et de l'éjaculation pour les premiers ; hypotension, vertiges, congestion nasale et troubles digestifs pour les seconds.
Le Rezum : la vapeur d'eau
Le Rezum injecte de la vapeur d'eau directement dans l'adénome. La chaleur détruit les cellules excédentaires et le volume diminue au fil des semaines. La procédure est ambulatoire et bien tolérée. Cependant, une sonde urinaire est habituellement laissée quelques jours, et une éjaculation rétrograde reste possible puisque le geste passe par l'urètre.
En savoir plus sur notre technique Rezum
L'Urolift : les implants prostatiques
L'Urolift ne détruit ni ne retire aucun tissu. De petites attaches sont posées par voie endoscopique pour écarter mécaniquement les lobes prostatiques et dégager le canal urinaire. Son grand avantage tient à l'effet immédiat, sans attendre une réduction de volume, et à un très bon profil sur l'éjaculation. En revanche, la technique s'adresse à des prostates de volume modéré, sans lobe médian marqué : au-delà, elle perd en efficacité.
La résection transurétrale (RTUP)
La RTUP retire le tissu obstructif par voie endoscopique. Elle demeure la référence en termes de gain sur le débit urinaire. Toutefois, elle impose une anesthésie générale ou une rachianesthésie, une hospitalisation de deux à sept nuits, une sonde urinaire pendant 24 à 72 heures, et elle entraîne une éjaculation rétrograde dans environ 80 % des cas.
Comparatif des quatre techniques
Aucune technique n'est supérieure sur tous les critères. Voici ce que chacune apporte, et ce qu'elle coûte.
| Critère | Embolisation | Rezum | Urolift | RTUP |
|---|---|---|---|---|
| Voie d'abord | Artérielle | Endoscopique | Endoscopique | Endoscopique |
| Anesthésie | Locale | Locale ou légère | Locale ou légère | Générale ou rachi |
| Hospitalisation | Ambulatoire | Ambulatoire | Ambulatoire | 2 à 7 nuits |
| Sonde urinaire | Non posée | Quelques jours | Rare, brève | 24 à 72 heures |
| Éjaculation rétrograde | Risque faible | Possible | Risque faible | Environ 80 % |
| Délai d'efficacité | Progressif, quelques semaines | Progressif, quelques semaines | Immédiat | Rapide après cicatrisation |
| Volume prostatique | Adaptée aux prostates de plus de 40 g | Volume modéré | Volume modéré, sans lobe médian | Large éventail |
| Limite principale | Dépend de l'anatomie artérielle | Sonde postopératoire | Ne réduit pas le volume | Retentissement sexuel et convalescence |
Données issues de la littérature internationale et de l'expérience du centre. Chaque indication reste individuelle et se pose après bilan.
À partir de quel volume faut-il intervenir ?
Le volume prostatique se mesure par échographie ou par IRM. Au-delà de 30 à 40 centimètres cubes, on parle d'augmentation significative. Pour autant, ce chiffre ne décide de rien à lui seul.
En effet, certains patients présentent un lobe médian qui obstrue le col vésical alors même que la prostate reste peu volumineuse. À l'inverse, une grosse prostate peut rester longtemps bien tolérée. C'est donc le retentissement qui fait l'indication, pas la taille.
Les situations qui conduisent à traiter sont les suivantes :
- Symptômes urinaires sévères retentissant sur la qualité de vie
- Traitement médicamenteux devenu insuffisant ou mal toléré
- Rétention urinaire, aiguë ou chronique
- Infections urinaires récidivantes
- Résidu post-mictionnel important ou retentissement sur les reins
Questions fréquentes sur l'embolisation de la prostate
L'embolisation prostatique est-elle douloureuse ?
Le geste lui-même est indolore : les artères ne sont pas innervées et seule la zone de ponction est anesthésiée. Ensuite, une gêne pelvienne ou des brûlures urinaires peuvent survenir pendant 48 à 72 heures, puis s'estompent.
L'hypertrophie de la prostate est-elle un cancer ?
Non. L'hypertrophie bénigne de la prostate est une augmentation non cancéreuse du volume de la glande, liée au vieillissement. Elle n'évolue pas en cancer et n'en augmente pas le risque. Les deux peuvent toutefois coexister, ce qui justifie un dosage du PSA lors du bilan.
Les résultats de l'embolisation durent-ils dans le temps ?
Les études de suivi montrent une amélioration maintenue plusieurs années. Une récidive reste néanmoins possible, liée à la revascularisation naturelle de la glande. C'est précisément ce que l'association colle et microsphères vise à limiter.
Peut-on faire une embolisation après un autre traitement ?
Oui dans la plupart des cas, y compris après échec d'un traitement médicamenteux ou d'une technique endoscopique. L'anatomie artérielle est alors évaluée par angioscanner, comme pour toute embolisation.
Suis-je un bon candidat à l'embolisation ?
Cela dépend du volume prostatique, de la configuration de la glande, de l'état de vos artères, de vos symptômes et de vos priorités. C'est l'objet du bilan préalable : vous dire honnêtement si l'embolisation est la bonne option, et sinon laquelle l'est.
Faire évaluer votre indication
Envoyez votre bilan urinaire, votre échographie, votre dernier PSA ou votre IRM si vous en avez une. Nous vous indiquons ce qui manque et quelles techniques sont envisageables dans votre cas.
Centre de la Prostate — Clinique Blomet
136 bis rue Blomet, 75015 Paris · Du lundi au samedi, 9h – 18h · +33 6 32 84 14 31
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Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : toute indication thérapeutique nécessite une évaluation individuelle.