Prostatitis

Chronic prostatitis: a common pathology

La prostatite chronique, ou syndrome de douleur pelvienne chronique (SDPC), est un trouble complexe et invalidant qui touche principalement les hommes jeunes et d'âge moyen. Elle se manifeste par des douleurs pelviennes persistantes, accompagnées de troubles urinaires et parfois sexuels.

Écrit et revu par Dr Antoine Hakimé Mise à jour septembre 2026 Lecture 8 minutes

Qu'est-ce que la prostatite chronique ?

The chronic prostatitis, également désignée par le terme de syndrome de douleur pelvienne chronique (SDPC), est l'une des formes les plus fréquentes de prostatite. Contrairement à la prostatite bactérienne aiguë, causée par une infection identifiable, elle survient le plus souvent en l'absence d'agent infectieux évident. Le diagnostic et la prise en charge s'en trouvent nettement plus complexes.

Le SDPC constitue aujourd'hui une problématique majeure en urologie : il affecte jusqu'à 10 % des hommes au cours de leur vie. L'impact sur la qualité de vie est souvent significatif, avec des symptômes qui interfèrent durablement avec les activités quotidiennes et la santé émotionnelle des patients.

À ne pas confondre

La prostatite n'est ni un prostate adenoma, ni un cancer. L'adénome donne surtout une gêne à uriner et survient après 50 ans ; la prostatite donne surtout des douleurs et peut survenir à tout âge. Les trois peuvent néanmoins coexister.

Médecin spécialiste consulté pour une prostatite chronique et un syndrome de douleur pelvienne chronique
Un diagnostic qui repose d'abord sur l'élimination.

Une errance fréquente

Beaucoup de patients consultent plusieurs praticiens avant qu'un nom soit posé sur leurs symptômes. Les douleurs sont réelles, mais les examens reviennent normaux, ce qui alimente le doute.

Reconnaître le SDPC comme une entité à part entière est déjà une étape thérapeutique.

Etiology and risk factors of chronic prostatitis

La cause exacte de la prostatite chronique demeure incertaine. Les recherches suggèrent qu'il s'agit d'une pathologie multifactorielle, impliquant une combinaison de facteurs infectieux, inflammatoires, neurologiques et psychologiques. Quatre hypothèses principales se dégagent.

  • Immune system dysfunction — une réaction auto-immune pourrait provoquer une inflammation persistante de la prostate, même en l'absence d'infection.
  • Neurological factors — une hypersensibilité ou une neuropathie des nerfs pelviens peut entretenir la douleur. Les circuits de la douleur dans la région pelvienne seraient dérégulés, entraînant une perception amplifiée.
  • Urethral reflux — le reflux d'urine dans les canaux prostatiques pourrait causer une inflammation et des douleurs prolongées.
  • Stress and psychological factors — le stress chronique et l'anxiété sont souvent associés à une exacerbation des symptômes, ce qui suggère une interaction entre le système nerveux central et la réponse inflammatoire.

Précisons un point qui compte pour les patients : reconnaître le rôle du stress ne revient pas à dire que la douleur est imaginaire. Elle est bien réelle, et son mécanisme fait intervenir des voies neurologiques identifiées.

Symptomatology of chronic prostatitis

Les symptômes sont souvent variés et persistants, ce qui complique la prise en charge. Quatre grandes catégories se rencontrent.

  1. Pelvic painLocalisée dans la région périnéale, elle peut irradier vers le bas du dos, les testicules ou la région pubienne. Continue ou intermittente, elle est généralement exacerbée par le stress ou certaines activités physiques.
  2. Urinary symptomsLes patients rapportent fréquemment des besoins impérieux d'uriner, une sensation de vidange incomplète, des brûlures à la miction et parfois une diminution du débit urinaire.
  3. Douleurs lors de l'éjaculationSouvent rapportées, elles affectent la qualité de vie sexuelle et émotionnelle. Elles peuvent entraîner une diminution de la libido et des troubles érectiles secondaires.
  4. Psychological impactL'inconfort prolongé et l'absence de traitement curatif immédiat entraînent une détresse émotionnelle importante, qui exacerbe l'anxiété chez de nombreux patients.

Ces manifestations recoupent en partie celles de l'adénome. C'est pourquoi le bilan cherche systématiquement à faire la part des choses. Voir le bilan complet des symptômes prostatiques

Diagnostic : une approche multidisciplinaire

Le diagnostic de la prostatite chronique repose avant tout sur l'élimination des autres causes possibles de douleurs pelviennes et de symptômes urinaires. Il n'existe pas de test qui l'affirme directement.

  • Clinical assessment and medical history — une attention particulière est accordée aux symptômes, à leur ancienneté et à leur évolution dans le temps.
  • Laboratory analysis — bien que l'infection ne soit pas la cause principale, des examens urinaires et des prélèvements prostatiques sont réalisés pour exclure toute infection bactérienne sous-jacente.
  • Physical examination and pelvic ultrasound — ils permettent de visualiser la structure de la prostate et d'évaluer toute anomalie anatomique pouvant contribuer aux symptômes.
  • Dosage du PSA — utile, en gardant à l'esprit qu'une prostatite fait elle-même monter le PSA de façon transitoire.

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What treatments are available for SDPC?

Aucun traitement unique ne convient à tous les patients. En pratique, la prise en charge combine plusieurs approches, ajustées selon les symptômes dominants et leur réponse.

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  1. AntibioticsUtilisés initialement pour éliminer toute infection bactérienne potentielle, bien que la prostatite chronique soit le plus souvent non bactérienne.
  2. Anti-inflammatoires non stéroïdiensIls aident à réduire l'inflammation et la douleur, sur des durées limitées.
  3. Alpha-blockersCes médicaments détendent les muscles de la prostate et du col de la vessie, améliorant le flux urinaire et réduisant les douleurs.
  4. Pelvic physiotherapyDes thérapies ciblant les muscles du plancher pelvien réduisent la tension musculaire et les spasmes, souvent associés à la douleur pelvienne chronique.
  5. Stress management and psychological therapiesLes thérapies cognitivo-comportementales et les techniques de relaxation aident à gérer l'anxiété et le stress, qui aggravent les symptômes.
  6. Complementary therapiesAcupuncture, méditation, thérapie par la chaleur : elles peuvent contribuer à soulager la douleur et à réduire la tension musculaire.
  7. Modifications du mode de vieRéduction de l'alcool et de la caféine, exercice régulier, alimentation équilibrée : ces mesures simples participent à la diminution des symptômes.
  8. Embolisation des artères prostatiquesTechnique mini-invasive consistant à réduire la vascularisation de la prostate. Elle est évaluée dans les formes réfractaires aux traitements conventionnels.
  9. Supplements and phytotherapyCertaines plantes, comme le palmier nain ou les extraits de pollen de seigle, sont parfois utilisées. Les preuves d'efficacité restent variables.
  10. SurgeryRarement utilisée. Une résection transurétrale de la prostate peut être envisagée dans des situations particulières où les autres traitements ont échoué.

Notons que cette liste ne se parcourt pas dans l'ordre. Le traitement se construit avec vous, selon ce qui domine votre tableau clinique — la douleur, la gêne urinaire ou le retentissement sexuel.

L'embolisation dans les formes réfractaires

Lorsque les traitements conventionnels ne suffisent plus, l'prostatic artery embolization peut être discutée. Le principe est le même que dans l'hypertrophie bénigne : réduire l'apport sanguin de la glande, par voie artérielle, sans incision ni anesthésie générale.

L'objectif diffère toutefois. Il ne s'agit plus ici de lever une obstruction, mais d'agir sur la composante inflammatoire et congestive qui entretient la douleur.

Une précision honnête

Dans cette indication précise, l'embolisation reste en cours d'évaluation. Les données disponibles sont encourageantes mais moins établies que dans l'hypertrophie bénigne, où la technique dispose d'un recul important. Elle se discute donc au cas par cas, après échec documenté des autres approches.

En détail : l'embolisation dans la prostatite chronique

Vos douleurs résistent aux traitements ?

Envoyez votre dossier : comptes rendus, examens réalisés et traitements déjà essayés. Nous vous dirons ce qui peut encore être envisagé.

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Questions fréquentes

La prostatite chronique est-elle une infection ?

Le plus souvent, non. Dans la grande majorité des cas, aucun germe n'est retrouvé : on parle alors de syndrome de douleur pelvienne chronique. Une antibiothérapie est néanmoins souvent tentée en première intention, pour écarter une infection non détectée.

Est-ce contagieux ?

Non. La prostatite chronique non bactérienne ne se transmet pas, ni par voie sexuelle ni autrement. Votre partenaire n'a pas à être traité.

Peut-elle évoluer en cancer ?

Non. La prostatite n'augmente pas le risque de cancer de la prostate. Elle fait en revanche monter le PSA de façon transitoire, ce qui peut compliquer l'interprétation d'un dosage réalisé pendant une poussée.

Combien de temps cela dure-t-il ?

L'évolution est capricieuse, faite de périodes d'accalmie et de poussées. C'est précisément ce caractère prolongé qui décourage les patients. Une prise en charge combinée, plutôt qu'un traitement unique, donne les meilleurs résultats.

Faut-il éviter certaines activités ?

Le vélo prolongé, la station assise prolongée, l'alcool et la caféine aggravent souvent les symptômes. À l'inverse, l'activité physique régulière et la gestion du stress les améliorent chez beaucoup de patients.

Dois-je consulter un urologue ou un radiologue ?

Le parcours débute généralement par un urologue. Le interventional radiologist intervient dans un second temps, lorsqu'une approche mini-invasive comme l'embolisation se discute. Notre centre réunit les deux compétences.

Faire évaluer votre situation

Envoyez vos comptes rendus, vos examens et la liste des traitements déjà essayés. Nous vous indiquons ce qui manque au bilan et quelles options restent envisageables.

Centre de la Prostate — Clinique Blomet

136 bis rue Blomet, 75015 Paris · Du lundi au samedi, 9h – 18h · +33 6 32 84 14 31

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