Une prostate élargie
Plus du tiers des hommes de plus de 50 ans ont une hypertrophie de la prostate, ce qui peut les rendre plus difficiles à uriner.
Des médicaments ou une opération peuvent aider, mais l’Institut national pour l’excellence de la santé et des soins estime qu’il faudrait désormais offrir aux hommes une autre option de traitement.
L’EAP (embolisation de l’artère prostatique) peut être pratiqué sous anesthésie locale, ce qui signifie que les patients peuvent rentrer chez eux peu de temps après sans devoir être hospitalisés, contrairement à la chirurgie classique de la prostate.
Les médecins passent un petit tube dans une artère de l’aine qui peut être guidée dans les petits vaisseaux sanguins de la prostate.
Le traitement de la prostate au Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, environ 20 centres proposent déjà le traitement de la prostate par embolisation.
Le Dr Nigel Hacking, radiologue interventionnel et consultant à l’Hôpital universitaire de Southampton, a déclaré: « C’est une option particulièrement intéressante pour les hommes qui ne sont pas encore prêts à subir une chirurgie de la prostate plus invasive. Le maintien de la fonction sexuelle et de la fertilité est l’un de ses principaux atouts. »
Pourquoi le Royaume-Uni s’est-il intéressé à l’embolisation prostatique ?
L’hypertrophie bénigne de la prostate est particulièrement fréquente avec l’âge.
Lorsque la prostate augmente de volume, elle peut comprimer l’urètre et provoquer différents troubles urinaires :
- un jet urinaire plus faible ;
- des difficultés à commencer à uriner ;
- des envies fréquentes d’uriner ;
- des réveils nocturnes ;
- une sensation de mauvaise vidange de la vessie ;
- parfois une rétention urinaire.
Lorsque les médicaments ne sont plus suffisamment efficaces ou sont mal tolérés, une intervention peut être envisagée.
Pendant longtemps, les principales solutions reposaient sur des traitements chirurgicaux ou endoscopiques, notamment la résection transurétrale de la prostate (RTUP).
L’embolisation offre une approche différente : traiter la prostate par les artères, sans introduire d’instrument chirurgical dans l’urètre.
Que dit réellement le NICE sur l’embolisation ?
Le NICE est l’organisme britannique chargé d’évaluer notamment l’efficacité et la sécurité de nombreux traitements utilisés dans le système de santé.
Ses recommandations concernant l’embolisation des artères prostatiques indiquent que les preuves concernant la sécurité et l’efficacité de la procédure sont suffisantes pour permettre son utilisation dans le cadre habituel des soins, à condition que les règles de consentement, de gouvernance clinique et de suivi soient respectées.
Cette position est importante car elle montre que l’embolisation n’est plus considérée comme une technique purement expérimentale.
Plusieurs établissements du NHS proposent aujourd’hui cette procédure aux patients présentant une prostate augmentée de volume. Des hôpitaux britanniques tels que Royal Free London ou University College London Hospitals la présentent comme une alternative mini-invasive à certaines interventions chirurgicales de la prostate.
Une intervention sans chirurgie de la prostate
L’une des particularités de l’embolisation est qu’elle ne nécessite pas d’incision de la prostate.
Elle ne comporte pas non plus de résection du tissu prostatique à travers l’urètre.
Dans plusieurs établissements du NHS, la procédure est décrite comme un traitement non chirurgical pouvant être réalisé en ambulatoire ou avec une hospitalisation courte.
L’intervention est généralement réalisée sous anesthésie locale.
La récupération est donc souvent plus rapide qu’après certaines interventions chirurgicales traditionnelles.
Quels sont les avantages recherchés ?
Pour certains patients, l’embolisation présente plusieurs caractéristiques intéressantes :
- absence d’incision chirurgicale de la prostate ;
- traitement par voie artérielle ;
- anesthésie généralement locale ;
- hospitalisation souvent courte ;
- récupération relativement rapide ;
- risque limité de certains effets indésirables sexuels ;
- possibilité de traiter certaines prostates très volumineuses.
Les documents d’information de plusieurs établissements britanniques soulignent notamment le profil favorable de l’embolisation concernant l’éjaculation, l’incontinence et la fonction sexuelle par rapport à certaines techniques chirurgicales.
Cela ne signifie cependant pas que le risque est nul ni que l’embolisation est préférable dans toutes les situations.
À quels patients l’embolisation peut-elle être proposée ?
L’embolisation peut être envisagée chez certains hommes présentant une hypertrophie bénigne de la prostate symptomatique, en particulier lorsque les médicaments ne permettent plus de contrôler suffisamment les symptômes.
Elle peut également être intéressante pour certains patients :
- présentant une prostate volumineuse ;
- souhaitant éviter une intervention transurétrale ;
- préoccupés par certains effets secondaires sexuels ;
- présentant des symptômes urinaires importants malgré un traitement médical.
La décision doit cependant être prise après un bilan complet.
L’évaluation tient notamment compte du volume prostatique, de l’anatomie artérielle, des symptômes, du débit urinaire et de l’état de la vessie.
Certains patients ne sont pas de bons candidats à l’embolisation, notamment en présence de certaines anomalies vasculaires ou pathologies associées.
Embolisation ou chirurgie : deux approches différentes
L’embolisation ne remplace pas systématiquement la chirurgie de la prostate.
Les techniques endoscopiques comme la RTUP ou l’HoLEP restent particulièrement efficaces et peuvent être préférables dans certaines situations.
L’embolisation se distingue surtout par son caractère mini-invasif et par l’absence de traitement direct à travers l’urètre.
Le choix dépend donc de plusieurs critères :
- le volume de la prostate ;
- l’importance de l’obstruction ;
- les symptômes urinaires ;
- l’état de la vessie ;
- les traitements déjà réalisés ;
- les priorités du patient concernant la récupération et la fonction sexuelle.
La discussion entre le patient, l’urologue et le radiologue interventionnel permet de déterminer l’option la plus adaptée.
Une technique désormais utilisée dans plusieurs hôpitaux britanniques
Plusieurs établissements du NHS disposent aujourd’hui d’informations dédiées à l’embolisation de la prostate.
Royal Free London la présente comme une technique mini-invasive permettant de traiter l’HBP en bloquant les petits vaisseaux alimentant la prostate. University College London Hospitals la décrit également comme une alternative à la RTUP ou à certaines interventions laser.
Cette intégration dans différents établissements hospitaliers britanniques montre que l’embolisation prostatique fait désormais partie des options thérapeutiques proposées à certains patients.
En résumé
L’embolisation des artères prostatiques est reconnue au Royaume-Uni comme une option de traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate.
Le NICE considère que les données disponibles concernant son efficacité et sa sécurité sont suffisantes pour permettre son utilisation dans la pratique clinique, avec une sélection adaptée des patients.
Cette technique mini-invasive permet de réduire progressivement le volume de la prostate par voie artérielle, sans incision chirurgicale ni résection du tissu prostatique à travers l’urètre.
Elle peut ainsi constituer une alternative intéressante pour certains hommes présentant des symptômes urinaires liés à une HBP.
Pour savoir si l’embolisation de la prostate peut correspondre à votre situation, un bilan personnalisé permet d’évaluer votre prostate, vos symptômes et votre anatomie artérielle avant de discuter des différentes options de traitement.