Prostatite chronique · Traitement

Traitement de la prostatite chronique par embolisation

Utilisée initialement dans l'hypertrophie bénigne de la prostate, l'embolisation consiste à bloquer sélectivement les vaisseaux sanguins qui alimentent la glande, à l'aide d'un cathéter et d'agents embolisants. En réduisant la vascularisation, elle diminue l'inflammation et les douleurs associées.

Écrit et revu par Dr Antoine Hakimé Mise à jour septembre 2026 Lecture 8 minutes

Un traitement de la prostatite chronique sans médicament ni chirurgie

Beaucoup de patients cherchent un traitement naturel de la prostatite chronique après des années d'antibiotiques, d'anti-inflammatoires et de traitements symptomatiques. L'embolisation ne relève pas de la phytothérapie, mais elle répond en partie à cette attente : elle n'ajoute aucun médicament au long cours, ne retire aucun tissu et ne laisse aucune cicatrice.

Définition

L'embolisation transcathétérielle des artères prostatiques (ETAP) est une procédure mini-invasive de radiologie interventionnelle. Elle réduit l'apport sanguin de la prostate en obstruant sélectivement ses artères nourricières, ce qui diminue la composante inflammatoire et congestive à l'origine des douleurs.

Autrement dit, l'approche ne cherche pas à masquer la douleur : elle agit sur le mécanisme qui l'entretient. C'est ce qui la distingue des traitements symptomatiques auxquels ces patients ont généralement déjà eu recours.

Comprendre la prostatite chronique et le syndrome de douleur pelvienne chronique

Ce que l'embolisation transcathétérielle apporte

Les études récentes montrent que l'embolisation transcathétérielle offre des résultats encourageants sur la réduction des symptômes douloureux et l'amélioration des symptômes urinaires chez les patients atteints de prostatite chronique. Trois avantages ressortent.

  • Réduction de la douleur et des symptômes urinaires — en diminuant l'apport sanguin à la prostate, l'embolisation réduit l'inflammation et atténue les douleurs pelviennes comme les troubles mictionnels.
  • Effets secondaires limités — comparée aux interventions chirurgicales, la procédure est moins invasive et expose à moins de complications. Elle est généralement bien tolérée et permet une récupération rapide.
  • Une option pour les cas résistants — elle intéresse particulièrement les patients dont les symptômes persistent malgré les médicaments, la physiothérapie et les autres approches non invasives.
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Mécanisme d'action de l'embolisation des artères prostatiques

L'ETAP vise à réduire l'inflammation et le volume de la prostate en bloquant sélectivement les vaisseaux qui l'alimentent. Concrètement, des agents embolisants sont injectés dans les artères prostatiques par l'intermédiaire d'un cathéter, introduit par l'artère fémorale ou radiale. Ce cathéter est guidé par imagerie jusqu'aux vaisseaux prostatiques, ce qui permet un ciblage précis des zones à traiter.

Schéma de l'embolisation des artères prostatiques : le microcathéter libère les microsphères dans les artères qui alimentent la prostate
Les microsphères obstruent les artères prostatiques.

Une ischémie contrôlée

Une fois le cathéter en place, de petites particules embolisantes obstruent les artères ciblées. Cette réduction de l'apport sanguin local entraîne une diminution progressive du volume prostatique et un apaisement de la réponse inflammatoire.

La précision du geste limite les effets sur les tissus voisins, notamment la vessie et le rectum.

En somme, l'ETAP constitue une solution pour les formes de prostatite chronique réfractaires aux traitements classiques, avec un impact positif sur la qualité de vie et un faible risque de complications.

Le déroulé de l'intervention

  1. Bilan préalableConsultation, examens biologiques, échographie et angioscanner artériel pelvien. Cette cartographie repère les artères prostatiques et anticipe les variations anatomiques.
  2. Anesthésie localeUne simple anesthésie au pli de l'aine, ou au poignet selon la voie choisie. Aucune anesthésie générale n'est nécessaire.
  3. Cathétérisme et embolisationLe microcathéter est guidé jusqu'aux artères prostatiques sous contrôle radiologique, puis les particules sont injectées. La distribution est suivie en temps réel.
  4. Retour à domicileQuelques heures de surveillance, puis sortie le jour même. Une gêne pelvienne modérée est fréquente pendant 48 à 72 heures.

L'intervention dure environ une heure et se pratique sans incision. Le geste lui-même est indolore : les artères ne sont pas innervées.

Le déroulé complet de l'embolisation prostatique · Voir des cas cliniques réels

Résultats cliniques et efficacité

Les données publiées font état d'une amélioration des douleurs et des symptômes urinaires, souvent perceptible dès les premières semaines suivant l'intervention. De nombreux patients rapportent un bénéfice durable sur leur qualité de vie.

L'étude de référence

Quarante-quatre patients atteints de prostatite chronique réfractaire ont été traités par embolisation transcathétérielle des artères. Les résultats montrent une amélioration significative des symptômes chez une majorité d'entre eux, en particulier sur la douleur pelvienne et les troubles urinaires, avec un faible taux de complications. Ces données suggèrent que l'ETAP peut constituer une alternative pour les patients ne répondant pas aux traitements conventionnels.

Lire l'article scientifique — CardioVascular and Interventional Radiology, 2024

Précisons toutefois un point d'honnêteté. Dans cette indication précise, la procédure reste en cours d'évaluation. Les données actuelles sont prometteuses, mais elles ne disposent pas encore du recul dont bénéficie l'embolisation dans l'hypertrophie bénigne de la prostate, où la technique est documentée depuis plus de quinze ans.

Cette nuance ne disqualifie pas le traitement : elle explique pourquoi il se discute au cas par cas, après échec documenté des autres approches, et pourquoi un suivi organisé accompagne systématiquement l'intervention.

Pour quels patients ?

L'embolisation s'adresse aux patients dont la prostatite chronique résiste aux traitements conventionnels. Elle se discute notamment devant :

  • Des douleurs pelviennes ou périnéales persistantes depuis plusieurs mois
  • Un échec documenté des antibiotiques, des anti-inflammatoires et des alpha-bloquants
  • Une physiothérapie pelvienne déjà conduite sans bénéfice suffisant
  • Un retentissement important sur la qualité de vie, le sommeil ou la vie sexuelle
  • Une anatomie artérielle compatible, vérifiée par angioscanner

À l'inverse, elle n'est pas indiquée en première intention, ni devant une prostatite bactérienne aiguë, qui relève d'un traitement antibiotique adapté.

Salle de radiologie interventionnelle où est réalisée l'embolisation des artères prostatiques
L'intervention se déroule sur table vasculaire.

Un bilan avant toute décision

Aucune embolisation n'est programmée sans avoir écarté les autres causes de douleur pelvienne et vérifié l'anatomie artérielle.

C'est l'objet de la consultation préalable et du scanner de cartographie.

Gagner du temps

Un bilan complet en une journée

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Questions fréquentes

L'embolisation est-elle vraiment un traitement naturel ?

Le terme est employé par les patients parce que la technique n'ajoute aucun médicament au long cours, ne retire aucun tissu et ne laisse aucune cicatrice. Il s'agit néanmoins d'un geste médical réalisé en salle de radiologie interventionnelle, avec son bilan préalable et son suivi.

L'intervention est-elle douloureuse ?

Le geste est indolore : les artères ne sont pas innervées et seul le point de ponction est anesthésié. Une gêne pelvienne et des brûlures urinaires peuvent survenir pendant 48 à 72 heures, puis s'estompent.

Au bout de combien de temps ressent-on un effet ?

L'amélioration est progressive. Elle s'installe au fil des semaines, à mesure que la composante inflammatoire diminue. Il ne faut donc pas juger du résultat dans les premiers jours.

Y a-t-il un risque pour la fonction sexuelle ?

L'embolisation n'intervient ni sur l'urètre ni sur le col de la vessie. Le risque de trouble de l'éjaculation reste faible et aucun effet négatif sur l'érection n'est documenté.

Peut-on la répéter si les douleurs reviennent ?

Oui, une nouvelle procédure reste envisageable, et l'embolisation n'exclut aucune autre option thérapeutique ultérieure. C'est l'un de ses arguments chez des patients déjà éprouvés par des années de traitements.

Ce traitement est-il pratiqué partout ?

Non. Dans cette indication, il demande une expertise en embolisation prostatique et un plateau technique adapté. Notre équipe pratique cette technique depuis ses débuts en France.

Faire évaluer votre dossier

Envoyez vos comptes rendus, vos examens et la liste des traitements déjà essayés. Nous vous dirons si l'embolisation peut se discuter dans votre situation, et ce qui manque au bilan.

Centre de la Prostate — Clinique Blomet

136 bis rue Blomet, 75015 Paris · Du lundi au samedi, 9h – 18h · +33 6 32 84 14 31

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